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Voyage en Écosse – Mai 2025

Tout le périple (avec la carte et plus de photos) est disponible sur notre Polarstep en cliquant sur le bouton ci-dessous :

26 avril 2025
Lille -> London puis London -> Edinburgh

Petit stress avec l’annulation de notre Eurostar, basculé sur un autre sans nous faire louper de correspondance.

Après avoir récupéré le van à Edinburgh, nous nous sommes installés en plaine à proximité de Stirling pour la première nuit.

Évidemment, passage obligé au Tesco local pour faire le plein de légumes sous plastique, de pâtes, scones, et autres pains écossais (du genre qui devait servir à nourrir les troupes de William Wallace quand il a fallu aller expliquer aux anglais où ils mettaient les pieds).

Ah oui et également retrouvailles avec la conduite à gauche, les rond-points à l’envers et les dépassements par la droite. Mais les écossais sont plutôt cordiaux sur la route et la boîte automatique du van aide à se concentrer sur l’essentiel !

27 avril 2025 :

Une bonne première nuit de sommeil, malgré les difficultés de compréhension pour désactiver l’alarme « volumétrique » de ce véhicule bien plus moderne que notre Kangoo, qui nous a réveillé en sursaut au petit matin, nous avons fait le tour de la tourbière où nous étions.

Nous avons découvert que l’oiseau que nous entendions depuis la veille était un « pouillot » (Ophélie pensait à un pinçon au début). Cependant, pas facile de les observer parmi les premières feuilles des arbres.

Puis, nous avons roulé jusqu’au Glen Finglas Visitor Center, à proximité d’un loch, pour faire le plein en eau du réservoir du van, et en profiter pour marcher sur une boucle de 3km.
Il s’agit d’une forêt « nouvelle » plantée depuis 1998 (1 million d’arbres quand même) par une fondation qui a acquis les terres afin d’effacer le désastre de l’élevage intensif de moutons. On passe d’un quasi désert à une forêt de boulots, mousses et fougères.

Enfin, nous roulons en direction des montagnes de Glencoe avec 2 objectifs : une rando lundi et une promenade jusqu’au viaduc ferroviaire du Poudlard Express !

Le spot du jour est paumé dans une vallée adjacente où nous avons pris notre courage à 2 mains pour réaliser quelques ablutions dans le torrent à l’eau fraîche et chantante.

28 avril 2025 :

Après une nuit pluvieuse (mais vraiment pluvieuse, pas juste de la bruine ou du crachin écossais), nous avons repris la route en direction de Glencoe.

Premier arrêt :
Une randonnée dans la « hidden valley », où les fermiers du coin cachaient leur bétail (vaches et moutons), pour échapper à l’impôt (comme quoi, c’est un sport qui ne date pas d’hier).
Le sommet des montagnes est resté, lui aussi, bien caché par les nuages.
L’avantage des nuages, c’est qu’ils nous ont gratifié d’une pluie fraîche qui alimente les multiples cascades des pentes environnantes. Et dans lesquels nous avons pu nous abreuver, tel des contrebandiers écossais, éclipsant leurs maigres possessions aux yeux de l’administration.
Le désavantage des nuages, c’est qu’outre le fait de nous boucher la vue des sommets, la pluie (encore elle), nous a obligé à rebrousser chemin. Le dit chemin étant beaucoup escarpé et glissant. Et ma mère m’a toujours dit d’être prudent, donc je l’écoute !

Deuxième arrêt :
Le supermarché Lidl de Fort William. Je n’ose pas poster de photos car les produits qu’on y trouve méritent à eux seuls qu’on envahisse les îles britanniques au nom de la défense de la gastronomie.

Troisième arrêt :
Le viaduc ferroviaire de Glenfinnan où passe le « Jacobite Steam Train ». Ça ne vous dit rien ? Pourtant si vous avez vu les films de Harry Potter, il devait vous être familier. C’est ici qu’a été tournée la scène dans le second film (la chambre des secrets) où Ron et Harry le survolent avant de s’écraser comme des nazes dans le saule cogneur car ils n’ont pas passé leur code de conduite de voiture volante.
Aucune difficulté pour rejoindre le point de vue où attendent plusieurs centaines de personnes qui viennent ici juste pour prendre leur photo du train passant sur le viaduc (horaires de passage : 11h10 et 15h20)… Comme nous quoi. L’état de la tourbière en dit long sur le surtourisme provoqué par ce genre de lieu.

Quatrième arrêt :
Petit parking proche d’une plage afin d’être au plus prêt du ferry que nous prendrons demain matin pour rejoindre l’île de Skye. Tentative de baignade avortée dans une eau glaciale. On se contente d’une douche rapide au cul du van, c’est déjà assez !

29 avril 2025 :

Aujourd’hui : départ pour Lille de Skye !
Réveil à 7h avec le chant des oiseaux pour être à l’heure à Mallaig d’où nous prenons un ferry pour Armadale.

Nouvelle expérience de vie (on peut le dire) : manoeuvrer pour se garer dans un ferry. En réalité c’était un tout petit ferry, une simple marche avant en douceur et nous étions calés vers la proue.

La traversée dure une trentaine de minutes pendant laquelle la météo clémente pousse les passagers à monter sur le pont pour profiter de la vue sur les montagnes environnantes et du bleu marine profond de la baie.

À peine accosté, direction la ruine du château de Dunscaith. Quelques restes de constructions, des pierres et des arches sur un rocher dominant une crique. Difficile d’imaginer le site construit, les vestiges étant épars, même si le chemin empierré nous guide parmi la tourbe aqueuse.
Nous profitons également du lieu pour un petit dej attablés sur une langue d’herbe verte, entourés de moutons broutant une pâture qui semble être un pré salé.

Nous reprenons ensuite la route pour la plage de Talisker, nichée au creux d’une vallée encadrée par deux montagnes d’où s’écoulent des cascades, des prairies, et des moutons !
La plage est constituée d’un mélange de sable blanc nacré et noir, ainsi que de sombres roches polies par les marées.
Malheureusement elle est aussi jonchée de débris en tous genres, mais principalement dérivés de plastiques : filets de pêche, tuyaux, caisses, cartouches de chasse…

Ce soir, nous jetons notre dévolu pour la commune d’Ullinish, quelques maisons blanches le long d’une route quasi déserte, qui font face à l’océan et à quelques îles inhabitées.

La douche, rapide mais efficace, dans la brise fraîche et les 12 ou 13°C réglementaires, est néanmoins bienvenue. Au moins on économise de l’eau, de l’énergie, et de toutes façons, les moutons ne se plaignent (encore) pas de notre odeur.

30 avril 2025 :

Après un couché de soleil flamboyant et un levé qui l’était tout autant. Nous prenons la route pour Neist Point, le lieu le plus à l’ouest de l’Écosse.

J’en profite pour faire un point sur la conduite dans cette partie du monde. On se fait assez naturellement à la conduite à gauche avec le volant à droite. L’amabilité et la cordialité entre conducteurs est également à noter, et heureusement ! Car de nombreuses routes ne permettent pas de se croiser, il faut donc jongler entre les « passing places » : des décrochés permettant de se stationner le temps que la personne en face nous croiser.
Par contre l’entretien des routes laisse vraiment à désirer, nids de poules fréquents et profonds difficiles à éviter. Bien contents de rouler en véhicule de location car les frais d’amortisseurs doivent être réguliers.

À Neist Point nous marchons jusqu’au phare qui surplombe un enrochement basaltique qui se jette dans l’océan. Les falaises qui encadrent le site sont un nichoir géant pour des colonies de goélands et les guillemots à miroir, dont les femelles étaient en train de couver.

L’étape suivante nous entraîne aux ruines du château de Duntulm, au nord de l’île, par des routes aux paysages côtiers à couper le souffle (je vous ai déjà dit qu’elles étaient mal entretenues ?).
Les restes du château n’ont pas un grand intérêt mais le cadre est joli, il y a des moutons et plein de lapins qui courent dans les champs environnants.

Nous poursuivons jusqu’à l’un des hauts lieux touristiques de l’île : the old man of Storr ! Une randonnée qui nous mène au pied du sommet « the Store » dans un chaos rocheux dont le monolithe (old man) nous observe pendant notre progression. Ce sont des coulées de lave datant de 6 millions d’années puis l’erosion des glaciers par la suite qui ont dessinés cet environnement.
La boucle est vraiment sympa, on passe à côté du monolithe (55 mètres de haut quand même) jusqu’à une plateforme en contre haut qui domine la vallée, le loche et l’océan. En fin de journée les différents monolithes s’illuminent, c’est magnifique !

Fin de journée à la recherche d’un endroit où se stationner pour la nuit, ça sera à la sortie de Portree que nous visiterons demain !
En attendant, mercredi c’est raviolis en boîte ! Un vrai festin ! Sans oublier la douche express de rigueur dans la bise glaciale.

1er mai 2025 :

Dernière matinée sur l’île de Skye après une nuit accompagnée par les hululements des chouettes hulottes. On en profite pour visiter Portree, petit port de pêche et point de chute pour le départ de plusieurs escapades à la journée (en mer, ou des randonnées sur l’île).
Les jolies maisons colorées du port invitent à la flânerie, mais pas la météo, très incertaine. Nous en profitons pour aller visiter les charity shop, des petites boutiques de seconde main genre Emmaüs chez nous. Si vous voulez un service à thé de type victorien pour la modique somme de pas grand chose, c’est là qu’il faut chiner !

Nous quittons l’île par le pont Skye Bridge et nous arrêtons à Kyle of Lochalsh pour un petit peu d’intendance.
Ça fait depuis notre départ de Lille samedi matin qu’on a pas pris de vraie douche (genre chaude, sans être exposés au vent ou à la pluie, et avec du débit). La commune a installé un bâtiment avec douches, toilettes et laverie automatique ! Pour quelques £ nous prenons le pack complet !
En attendant la fin du cycle du sèche linge (quel luxe, on a pas ça chez nous), nous allons faire quelques courses. On y croise encore des horreurs : du fromage à l’abricot, de la pâte de boeuf… Des vrais assassins ! Heureusement qu’il y a des shortbreads, des scones et tout un tas d’autres trucs pas mauvais quand même !

Il est 13h et forcément on a la dalle, on aperçoit une petite cahute le long du quai du port qui vend des fish n chips frais. Pas d’hésitation, on fonce ! Les tables sont dehors, non abritées et il fait 10°, ça ne pose de problème à personne de manger son poisson dans ces conditions, et surtout pas à nous ! On mange en vitesse malgré tout car le plat se refroidit vite.

Nous reprenons la route pour faire un arrêt au château d’Eilean Donan Castle dont nous nous contenterons d’admirer l’extérieur dans son cadre somptueux, entre bras de mer, montagnes abruptes et rocailleuses, et coteaux vert tendre ou broutent les moutons.

Cap ensuite sur la Bealach Na Ba road, considérée comme la plus belle route d’Écosse (probablement à juste titre). On sert un peu les fesses car c’est encore une single track road, donc impossible de se croiser hors « passing place » dont je vous ai parlé. Évidemment le revêtement est conforme aux chaussées précédentes, nids de poule, trous, bas côté défoncé, ça rajoute un peu de piquant à la conduite !
Nous confirmons les dires, c’est juste magnifique, on passe d’un environnement plutôt océanique à un plateau rocailleux, totalement désert, qui se jette dans une prairie qui borde une plage de sable rose à l’eau cristalline au niveau de Applecross. Nous nous stationnons quelques minutes pour faire le plein en eau et utiliser les sanitaires à disposition (incroyable le nombre de toilettes disponibles et propres un peu partout).

Notre étape du jour se termine un peu avant la commune d’Ardeslaigh, en surplomb d’une baie dans laquelle nous distinguons les cercles flottant des élevages de saumon, et des marsouins qui s’ébattent au loin (d’après nos yeux perçants et notre paire de jumelles : très bon investissement au demeurant).

Une canette de cidre plus tard, nous allons pouvoir réfléchir au menu de ce soir. En tous cas en dessert on a un truc à tester : des cheesecakes format yaourt ! Rendez-vous demain si nous franchissons cette épreuve !

2 mai 2025 :

Cette nuit ce sont, a priori, les chauves souris qui nous ont tenu compagnie. Le cours d’eau tourbeux à côté duquel nous étions garé faisant office de garde manger nocturne.

Nous repartons branchés sur les radios qu’on arrive à capter : radio Skye, West Ross Radio, et la BBC 1 of course. C’est rock, pop, folk, souvent axé musique locale… Avec cet environnement hostile et désert, c’est propice à la méditation.

Nous roulons jusqu’à Ullapool, une grosse bourgade (plusieurs rues quoi) avec un port de pêche industrielle et un quai pour ferry. La météo est absolument affreuse, ce qui n’empêche pas d’engloutir sous une météo incertaine un « tempura battered haddock » dans un wrap. Super bon, le haddock est frais de la pêche locale, la portion est copieuse, 12£ bien dépensées !

On fait le tour de la localité mais à part des magasins de souvenirs made in partout et un charity shop avec toujours des services à thé et des DVD à 1£, il n’y a pas grand chose.
En plus le temps se gâte, il pleut (mais ça ne freine pas l’écossais qui s’occupe de ses plantes vertes extérieurs ou qui pend sa lessive dehors au fil à linge. Après tout, il fera probablement soleil dans 10 minutes.

La route défile, les nuages sont bas et gris, les lochs sombres, mais le jaune pétant des ajoncs illumine les paysages environnants.

Nous longeons le Loch Ewe qui donne sur l’océan Atlantique et dans lequel était installé une base de la Royal Navy que les alliés ont utilisé lors de la seconde guerre mondiale pour préparer les « convois de l’Arctique ». Ces convois maritimes permettaient de soutenir l’effort de guerre de l’URSS avec des livraisons de matériel venus des USA et du Royaume-Uni.

Peu avant notre arrivée à Lochinver, on repère un petit parking qui semble nous appeler pour une balade. Bingo, en plus il ne pleut plus ! Il y a un plan réalisé par les élèves de l’école locale pour se repérer dans le « bois de Culag » : quoi ? On a pris un convoi arctique pour l’URSS sans faire gaffe ?
Non, il s’agit d’une jolie forêt qui semble surtout habitée par des elfes ou des créatures magiques issues de l’imagination de Tolkien, nous en faisons le tour jusqu’au port totalement désert.

Après quelques minutes de route, nous décidons de faire halte pour la nuit à l’entrée d’une tourbière, il y a du vent, de la pluie horizontale et les prévisions météo annoncent 3° cette nuit. Hâte de se blottir dans nos duvets en plume pour la nuit.

3 mai 2025 :

La nuit dernière a été plutôt agitée, une véritable tempête dehors avec des rafales de vent qui faisaient bouger le van et notamment la toile qui protège la « chambre ». Il a plu une bonne partie de la nuit, donc tout ce que nous avions mis à sécher la veille (gant de toilette, torchons…) était encore humide ce matin.
Le réveil était assez tôt (7h30, pour des vacances, c’est tôt) car nous devions être pour 9h30 environ au hameau de Tarbet. L’objectif étant de prendre un bateau pour l’île de Handa afin d’aller observer la faune ornithologique.

L’île en question est inhabitée depuis 1847, date à laquelle la soixantaine d’habitants qui y vivaient en autarcie ont dû la quitter pour cause de famine. Elle est devenue, depuis, une réserve naturelle dans laquelle il est possible d’observer de nombreuses espèces : la plus grande colonie de guillemots de Grande Bretagne, mais également des macareux et des phoques !

Nous prenons donc le hors bord pour une quinzaine de minutes avec 10 autres personnes, il caille à mort, les vagues projettent quelques gouttelettes sur nos visages encore un peu endormis. Rien de tel que les embruns marins vivifiants pour se réveiller !

Le bateau accoste dans une crique où 2 rangers nous accueillent pour nous faire un brief rapide : ne pas quitter le chemin balisé car il y a des falaises, c’est glissant, et surtout, les différentes espèces d’oiseaux nidifient un peu partout. Le tour de l’île se fait en 3h environ, avec les arrêts pour observer les oiseaux à la jumelle et tenter de prendre quelques photos.
Il y a des goélands en pagaille, des alouettes, des bécassines, un nombre impressionnant de guillemots, des huitriers… Et Ophélie réussit à apercevoir un macareux dans le creux d’une falaise ! Moment d’émotion car ils sont encore peu nombreux à cette saison sous ces latitudes.
Avec les jumelles nous pouvons voir ses pattes palmées oranges et son gros bec strié.
On discute un peu avec un couple de retraités français qui nous conseillent un autre coin sur la côte où nous pourrons les observer de plus près. Eux sont méga équipés avec des téléobjectifs de malades, je fais pâle figure avec mon 70mm (et j’ai du mal à prendre les oiseaux sur le vif). Peu importe, les souvenirs, c’est dans la tête !

Nous continuons le tour de l’île, il y a un vent à décorner les bœufs comme aurait dit feu ma grand mère. La végétation est rase, pas un arbre sur les 3km² de ce morceau de cailloux. La vie ici devait être particulièrement austère au XIXème.
En revanche les plages sont magnifiques, on se croirait sous les tropiques, 25°C en moins !
Dans les remous à côté d’un rocher, deux têtes rondes et grises sortent de l’eau : des phoques. Ils semblent particulièrement gras, je les envie un peu de pouvoir se baigner avec délectation dans ces eaux claires presque opalines.

Retour sur la terre ferme. Nous nous préparons un casse-croûte dans le van avant de repartir. Cet après-midi nous longerons la côte nord (passage par Durness) puis nous nous arrêtons le long d’un bras de mer, sur la route qui mène à Tongue. Cette nuit nous dormirons face au Ben Loyal. Un sommet rocailleux et dépouillé, on dirait la montagne maudite dans le seigneur des anneaux !

4 mai 2025 :

Ce matin la cime des montagnes environnantes est enneigée, pas étonnant, la température ressentie est de 0°, difficile de sortir de la douce chaleur de nos duvets.

Un oiseau est en train de récolter des bourgeons de coton dans la tourbière à côté du van pour probablement, lui aussi, se nicher dans un nid douillet.

Nous reprenons la route et délaissons les montagnes pierreuses, verticales et austères pour un environnement aux prairies vert tendre qui surplombent le littoral découpés par des falaises noires entrecoupées de plages de sable blanc nacré. La présence du soleil pour plus de 5 minutes fait plaisir !

Un passage express au Lidl de Thurso pour faire le plein de nourriture, de bières, de diesel, et d’eau (il faut bien se laver les pieds).

La densité de population augmente au fur et à mesure que nous avançons en direction du point le plus au nord de la grande île : Dunnet Head, et sa vue sur les îles Orcades. En revanche, toujours pas de nouvelles de l’Union Jack 🇬🇧, sûrement un oubli de la part des écossais !

Nous partons en balade au-dessus des falaises, pas de macareux aujourd’hui mais des oiseaux et des petits pingouins par centaines !

Quelques kilomètres (ou miles plutôt) plus loin, nous faisons de même à Ducansby Head, le point le plus au nord-est de la grande île (heureusement on a pas prévu de tous les faire).
Falaises ici aussi avec des vues à couper le souffle sur les îles, les plages, les pâtures vertes, et, de nouveau, des centaines d’oiseaux et de pingouins.

Nous finissons par trouver un petit parking en bordure d’une plage ensoleillée à proximité de Wick pour terminer la journée. Espérons qu’il fasse un peu plus chaud cette nuit !

5 mai 2025 :

En ce début de semaine, nous commençons par une visite des ruines du château de Sinclair Girnigoe. Les restes sont malgré tout impressionnants, la bâtisse est perchée sur un éperon rocheux battu par les vagues, avec une petite crique en contrebas qui pouvait accueillir quelques bateaux de pêche.

Nous nous dirigeons ensuite vers Inverness, la capitale des Highlands. Sur la route, une enseigne attire notre attention : apparemment nous pouvons manger un sandwich au crabe ou au homard, fraîchement péchés par le propriétaire des lieux !
Une souriante écossaise nous accueille, nous lui achetons un sandwich au crabe et un au homard avec sauce chili et une genre de sauce cocktail. Un banc sur le quai du petit port nous attend pour déguster notre repas. C’est super bon, d’autant plus que nous n’avons pas l’habitude d’en manger très souvent (voir jamais).

Nous continuons la route pour Inverness. En ce Monday May Bank Holiday (jour férié) la ville est plutôt calme, en plus le château est fermé pour rénovations. Nous nous contenterons d’une promenade à pied dans le centre ville où les jolies bâtisses historiques en pierres sombres côtoient des démons de l’architecture contemporaine au crépis beige sale et délavé.

Finalement nous reprenons la route pour le parc naturel de Cairngorm dans lequel le Loch Lochindorb est un endroit tout trouvé où nous installer.
Il n’y a aucun vent, l’eau du loch est lisse comme de l’huile. Pas un bruit non plus, presque aucun réseau. Seulement les oiseaux pour nous bercer.

6 mai 2025 :

Réveil parfait dans ce cadre idyllique. Le vieux château en ruine au milieu du loch est toujours là. Impossible de la visiter autrement qu’en y allant avec un canoë ou autre embarcation. Pas question pour ma part de tenter la traversée à la nage, l’eau est beaucoup trop froide, et puis on ne sait jamais ce qui habite les profondeurs de ces eaux obscures.

Nous descendons dans la vallée de la rivière Spey, à Grantown-on-Spey, une charmante bourgade qui s’articule autour d’une route principale où sont concentrés les commerces, services et fonctions administratives.

Plusieurs randonnées s’offrent à nous. Nous décidons de faire la plus longue boucle (environ 8km), qui nous mène dans une belle forêt où nous pourrions apercevoir des coqs de bruyère (des espèces de grosses dindes qui volent assez mal compte tenu de leur gabarit).
Bien que nous soyons vite seuls sur le parcours, les volatiles ne daignent pas se montrer et resteront simplement à des représentations imaginaires que chaque bruissement de feuille contribue à alimenter.

Dans la rue principale, Ophélie jette son dévolu sur un pull en cachemire trouvé pour une somme modique dans un charity shop.

Tiens tiens, il est 13h c’est l’occasion de manger quelque chose. Nous nous arrêtons à la bakery, ça sera un sandwich de black pudding à la sauce marron pour ophé et une tarte aux macaronis pour moi.

Le black pudding est meilleur que cet étrange mélange entre tarte et pâtes. Mais ça a le mérite de plâtrer le ventre. Et ça tombe bien car la vallée de la Spey, c’est aussi la vallée des distilleries.

Nous nous rendons à la distillerie Cragganmore à côté de Ballindalloch. Malheureusement la production est à l’arrêt pour cause de travaux, et les visites ne sont pas possibles. C’est pas grave on peut s’installer dans le lounge, entouré d’animaux empaillés, pour goûter.
En tant que non experts en whisky, puisqu’on a plutôt l’habitude de le boire en Irish coffee, après quelques pintes de bière qui ont déjà généralement anesthésiées notre palais, nous ne savons pas trop à quoi nous attendre.

Au final on découvre une boisson vraiment subtile, aux arômes complexes, variés. Ça sent la tourbe, la fumée, la terre, le bois, les épices… Les explications nous permettent de mieux comprendre comment apprécier ce breuvage.
Bien joué la distillerie, on repart avec une bouteille !

Fin des activités du jour, on retourne à notre précédent spot, près du loch Lochindorb !

7 mai 2025 :

Au fur et à mesure que nous revenons vers Edinburgh, en direction du sud, le jaune des ajoncs s’estompe, signe d’un printemps plus avancé dans cette partie du territoire.

De même, les reliefs acérés et rocheux ont laissé la place à des montagnes plus rondes, recouvertes de tourbières molletonnées, d’herbes rases et de petits arbustes fruitiers ou de bruyères. Les forêts sont également plus présentes, composées principalement de résineux.

Le maillage de fermes et bergeries plus dense accompagne un découpage parcellaire principalement dédié à l’élevage ovin et délimité par des murets interminables de pierres sèches.

L’itinéraire jusqu’au château de Balmoral nous emmène à travers les montagnes du parc national de Cairngorms. Au passage d’un col, nous traversons la station de ski de Lecht aux infrastructures vieillissantes et fermées en ce début de printemps.

Sur la route nous prenons en stop un couple d’allemands qui vadrouille pour 3 semaines en Écosse.

Pause au château de Balmoral dont seuls les jardins se visitent, l’édifice étant toujours occupé de temps en temps par la famille royale. 18£ par personne on trouve ça un peu cher pour avoir uniquement accès aux jardins. Nous ignorions que la famille royale avait besoin d’argent.
On se contentera de faire la promenade jusqu’aux cairns dont l’inspiration des pyramides égyptiennes ne laisse aucun doute.

En traversant la plus grande station de ski d’Écosse (Glenshee, 40km de pistes quand même), nous apercevons deux biches et un cerf. Nous nous arrêtons un peu plus loin pour aller randonner dans l’espoir d’en apercevoir d’autres.

La montée est raide mais la vue au sommet du Ben Gulabin (809m d’altitude), vaut franchement le détour, en plus nous sommes absolument seuls dans cette immensité. Nous remarquons plusieurs fois de grandes étendues de bruyères calcinées malgré une météo souvent humide sous ces latitudes.

Sur le chemin de la descente nous sommes doublés par un troupeau de plusieurs centaines de biches et cerfs. On a juste le temps de sortir les jumelles, prendre quelques photos à la volée, avant de les voir disparaitre dans un vallon.
Nous les retrouvons quelques centaines de mètres plus loin pour un moment d’observation mutuelle qui durera plusieurs minutes.
Finalement, le troupeau se désintéresse de nous et s’éloigne à flanc de montagne.

Nous rejoignons le van et une heure de route plus tard, le parking d’une chapelle et son cimetière seront notre halte nocturne. Entourés par les corbeaux et quelques vaches, nous initions un véritable banquet constitué de pâtes au pesto, champignons et cheddar mature râpé. Un régal !

8 mai 2025 :

Le concert de pigeons, corbeaux et corneille a pris fin d’un coup avec les derniers rayons du soleil vers 22h.
Juste le temps de se reposer et à 5h pétante, le retour du soleil signé la reprise de la cacophonie générale. Même les bouchons d’oreille ne suffisent pas pour se rendormir convenablement.

Nous repartons en direction de la côte pour visiter le château de Dunnottar en traversant la campagne écossaise et ses pelouses tondues et taillées au cordeau ! Les jardins ressemblent à des green de golf, pas génial pour la biodiversité mais très satisfaisant. D’ailleurs nous l’avons remarqué les jours précédents, au moins rayon de soleil, la valse des tondeuses démarre. Cela nous fait penser à la jungle qu’on va retrouver en rentrant chez nous.

Le château de Dunnottar est perché sur un rocher dans une large crique, une fine langue de terre permet d’y accéder et de le défendre facilement pour les occupants. Il fut le théâtre de nombreux sièges et batailles entre anglais et écossais.
On peut noter deux épisodes majeurs :

  • en 1297, William Wallace fit bruler vif dans la chapelle les anglais qui occupaient le château alors.
  • en 1651, durant un long siège de 8 mois, quelques dizaines d’écossais réussir à tenir tête à l’armée anglaise et à protéger les joyaux de la couronne écossaise.
    La visite était intéressante et les ruines bien conservées. On s’imagine aisément la vie des nobles, mais aussi celles des gueux dans notre genre à cette époque.

C’est marrant, les chiens sont autorisés à accompagner leurs maîtres pendant la visite, mais comme les chiens sont sacrés ici, ce n’est pas si surprenant, il y en a partout. D’ailleurs les maîtres font attention à ce qu’ils ne laissent rien trainer. Ça change de chez nous !

Nous filons à Arbroath, on souhaite goûter les fameux smokies (des harengs, maquereaux et autres saumons péchés et fumés sur place lorsqu’ils sont encore bien frais). Ophélie jette son dévolu sur du saumon dans un pain beurré. Pour ma part ça sera le smokie classique, réchauffé.
La tenancière précise qu’il vaut mieux le manger avec les doigts, ce qui permet de sentir les arrêtes et de les écarter. La fourchette c’est pour les touristes, et avoir les doigts qui sentent le poisson fumé ça ne me gène pas. Elle me dit aussi de faire attention aux goélands si on s’installe sur le port car ils apprécient particulièrement le smokie et ne veulent pas partager.
Nous nous asseyons sur un banc situé sur le quai du port et au final aucun volatile n’a tenté d’approcher notre repas. Soit on l’a mangé trop vite, soit on sent trop fort des dessous de bras !

En retournant au van nous marchons dans le centre ville, peu d’activités mais trois charity shop. Achat de 3 pins dans celui dédié à la lutte contre le cancer, si ça peut aider… Puis nous trouvons une salopette pour Ophé et une chemise pour ma part dans celui de l’armée du Salut. Le troisième ne nous inspire pas d’acte impulsif d’achat.

La deuxième partie de l’après-midi est consacrée à la recherche de toilettes (le van n’en est pas équipé), faire le plein de diesel et d’eau du réservoir et la recherche d’un lieu où passer la nuit avant de basculer sur Stirling.

Cette partie de l’Écosse est beaucoup moins sauvage, nous sommes orientés sur la voie rapide (où les tracteurs ont le droit de circuler, et où les insertions se font parfois à angle droit). Même si nous avons bien en main la conduite à gauche, doubler par la droite est toujours un moment de mini stress.

Nous trouvons finalement un petit parking à côté d’un barrage hydraulique, au milieu des moutons et des montagnes. Il fait beau, température extérieure 15°, autant vous dire qu’ici tout le monde se balade en short et t-shirt !

9 mai 2025 :

Une nuit presque sans nuage et sans source de pollution lumineuse. Uniquement la lune, les étoiles et notre cabane roulante sous le manteau étoilé. L’occasion parfaite pour essayer de capturer quelques clichés nocturnes. Chose que je n’ai jamais vraiment fait précédemment.

Réveil à 1h30, la chaleur de mon duvet ne laissait pas présager un froid aussi mordant, environ 3°. Je sors mon appareil et mon trépied pour une session photo d’une trentaine de minutes. Difficile de véritablement apprécier le résultat sans ordinateur sous la main pour développer les fichiers, cela attendra la semaine prochaine. Car ce vendredi marque la fin de notre périple nomade.

Avant de penser à la dernière nuit à bord du van, nous nous rendons à Stirling pour visiter le fameux château. Objet de convoitises par les anglais. L’édifice protège à la fois des routes commerciales cruciales à l’époque, et est un synonyme de la puissance du royaume écossais, avec des fonctions politiques et administratives. C’est également le pivot entre les Highlands et les Lowlands.

La visite est intéressante, bien documentée, on apprend plein de choses sur la vie dans le château au cours des siècles, les différentes batailles, les contrôles successifs par les écossais et les anglais, mais aussi l’histoire de la monarchie écossaise. Et notamment les liens étroits tissés avec le royaume de France sous François 1er, l’impact de ce dernier dans l’architecture de la Renaissance et la mode vestimentaire qui toucheront ces contrées éloignées des grandes puissances occidentales (France, Espagne, Italie).

Après la visite nous allons faire quelques courses au Tesco du La région entre Stirling, Glasgow et Edinburgh est très urbanisée, la succession de voies rapides, rond-points, et zones d’activités commerciales et industrielles ne nous avait pas manqué. L’étalement urbain bétonné sans âme est un marqueur commun de ces grandes agglomérations.

Heureusement il reste quelques coins préservés, et nous arrivons en milieu d’après-midi sur un petit parking qui surplombe ce territoire. Comme il n’y a pas d’activités ou de balades à proximité, on se contentera de siroter quelques bières locales face au paysage, ensoleillé préparer nos affaires et nettoyer un peu le van pour le check-out demain matin.
Heureusement qu’il nous reste une soirée à Edinburgh, on devrait trouver de quoi s’occuper !

10 mai 2025 :

Nous avons rendu le van ce matin sans problème, on ne peut que recommander de passer par cette agence de location.

À 9h30 nous étions à Edinburgh, on file à notre logement à 20 minutes à pied de la gare. La météo est idéale, grand soleil, pas un nuage et un ciel bleu azur magnifique !

Après une douche de décrassage bien méritée, la dernière complète datant de dimanche dernier, nous partons à la découverte de la ville. N’ayant qu’une petite journée sur place, on se contentera d’une grande promenade dans la vieille ville, autour du château, dans le cimetière duquel J.K Rowling a tiré des noms des personnes d’Harry Potter et jusqu’au parlement écossais. La cité regorge de bâtiments magnifiques, de musées et de bâtiments historiques à visiter. Parfait, ça nous fera une excellente raison de revenir.

En attendant, ça fait 15 jours qu’on a pas bu une bonne pression, nous décidons donc d’y remédier. La terrasse du bar « The World End » semble parfaite pour ça. Deux pintes, une petite assiette de haggies (de la viande de mouton farcie avec de l’avoine) plus tard et la rencontre surprise avec une vieille amie gessienne d’Hugo (you know who you are si tu me lis !), nous continuons notre exploration urbaine jusqu’au prochain pub : The Monkeys. Génial, ils ont de la bière à la pression manuelle (il faut pomper un levier pour servir la bière), c’est plus traditionnel que la pression au bec, avec moins de gaz et à température moins froide.

Entre temps nous flânons dans des rues aux ambiances totalement différentes, très touristiques dans le sens (le Disneyland de l’Écosse, dans lesquelles on retrouve tous les souvenirs made in china les plus kitsch), et d’autres plus typiques avec des boutiques classiques destinées aux habitants.

Par chance, ce samedi est la première édition du « Tartan festival » où une multitude de groupes défilent dans les rues avec cornemuses, percussions et habits traditionnels. Malheureusement la foule compact nous empêche de bien voir le défilé.

La faim commençant à se faire sentir nous nous mettons à la recherche d’un pub. On tombe sur le pub qui fait face au terrain de golf municipal en accès libre. On peut même y louer pour 10£ un club de golf et quelques balles, accompagnés d’une bière. On se contente d’une bière et d’un plat franchement décevant. Tant pis ça arrive, au moins on avait l’ambiance entre les golfeurs, les amateurs de foot devant le match Bournemouth VS Aston Villa (0-1), et le type pété comme un coing qui se fait raccompagner chez lui par la police.

Nous aurions bien aimé profiter plus longtemps mais la fatigue se fait sentir, et la perspective de dormir dans un vrai lit avec un vrai matelas et des vrais draps nous pousse à rentrer dans notre logement.
Promis, nous reviendrons profiter plus longtemps de cette ville et si vous voulez nous accompagner, vous savez où nous trouver !